Clément Lechaptois, l’acharné du caillou

A 28 ans, Clément s’inscrit dans les meilleurs bloqueurs outdoor français. L’adepte des croix dans le 8b et dans le 8c nous a toujours intrigué. Quel est son mode de vie ? Comment réussit-on à concilier vie professionnelle et passion quand on est un acharné du caillou? Retour sur une journée avec Clément.

C’est dans les Hautes-Alpes, proche d’Annecy que nous avons rencontré Clément. La journée commence par un check météo de la semaine, comme tous les lundis matins. En fonction des moments de pluie, Clément module son emploi du temps. Aujourd’hui grand soleil, on commencera par une matinée boulot avant d’aller se faire plaisir en forêt.

“Souvent je bosse le matin, puis je grimpe l’aprem et je fais un entrainement le soir.”

clément Lechaptois 8B

Don’t get too greedy, 8B, Rocky Mountain National Park ©Marine Thevenet

 

SNAP : Ton boulot c’est quoi ? Tu arrives à vivre de l’escalade ou tu as une activité pro à côté ?

Clément : “En escalade je dirais que je suis semi-pro, une partie des revenus vient des sponsors et je suis aussi ouvreur indépendant. Même si je n’ouvre pas énormément, c’est un métier de création qui me plaît bien, un milieu agréable. J’ouvre pour des équipes nationales et pour des compétitions.

En parallèle, comme j’adore l’entrainement et que je suis ingénieur mécanique, j’ai décidé de créer un outil innovant d’entrainement qui permet de concentrer les données scientifiques réelles d’un entraînement et de les rendre accessible aux grimpeurs. C’est un outil dédié plutôt aux salles de grimpe, et on est en train de développer une seconde Smartboard qui s’orientera pour les particuliers avec mes associés.”

Après une matinée studieuse, on se dirige vers le secteur où Clément s’entraine en ce moment, à environ une heure de route.

“Le rythme idéal c’est d’avoir deux demi journées de grimpe dehors, ou de juste aller explorer.”

clément lechaptois rocky national mountain park

TopNotch, 8b, Rocky Mountain National Park

SNAP : Explorer c’est à dire ?

Clément : “Ma passion c’est de développer nouveaux secteurs, d’ouvrir des blocs en extérieur. Très tôt, j’ai fait le choix de sacrifier la compèt pour partir dehors. Depuis plus de quatre ans, j’essaie de produire belles photos et vidéos et de rendre cette discipline accessible, pour inspirer et montrer les beaux endroits où on peut aller en grimpe. Donner envie aux gens d’y aller.”

SNAP : Comment tu choisis tes projets ?

Clément : “L’aspect qui me motive toujours dans la quête de nouveaux blocs c’est l’esthétique:  formes, prises, mouvements… J’aime pas particulièrement grimper à côté d’une usine, j’aime bien être dans des beaux endroits.”

SNAP : Comment on fait pour trouver des beaux endroits ?

Clément : “C’est beaucoup de bouche à oreille, ça peut même être avec des pratiquants d’autres sports, les gars qui courent vont explorer beaucoup plus loin que ce qu’on peut faire dans la grimpe. Par exemple Le Grand Sablat a été trouvé par des skieurs ! C’est cool de discuter avec des gens en montagne, de regarder des vidéos… Je fouille beaucoup sur Google Earth, je lis des cartes IGN et je vais marcher. Parfois je trouve des pépites au bord de la route au moment où je m’y attends le moins. Le fait d’ouvrir des blocs n’est pas très naturel pour les gens, en général ils arrivent sur un spot, regardent topo et se limitent à l’existant, mais parfois c’est juste à côté d’un bloc, et personne ne l’avait encore remarqué ! 

Il m’est arrivé d’ouvrir des 7a de fou , parfois un peu haut pas toujours accessible et de tomber dessus par hasard. Au fur et à mesure tu vois de plus en plus de lignes apparaitre.”

La session grimpe s’attarde comme presque toujours avec cet acharné de la roche… heureusement qu’on avait pris les frontales !

 

clément lechaptois grimpeur français

Dreamtime, 8B+, Cresciano